La biopsie embryonnaire est la procédure au cours de laquelle des cellules sont extraites de l’embryon afin d’être analysées et de détecter d’éventuelles anomalies génétiques.
Comme mentionné précédemment, le moment idéal pour effectuer la biopsie est le stade de blastocyste, car il permet d’extraire un plus grand nombre de cellules pour l’analyse, offrant ainsi une plus grande précision. De plus, l’analyse d’une quantité plus importante de matériel génétique permet d’identifier la présence éventuelle de mosaïcisme, c’est-à-dire la coexistence de deux lignées cellulaires différentes : l’une normale et l’autre présentant une altération génétique. Une biopsie réalisée au 3ᵉ jour ne permettrait pas de détecter cela, puisqu’elle ne disposerait que d’une seule cellule.
Par ailleurs, la biopsie au stade de blastocyste permet également de réduire le coût économique du traitement, car seuls les embryons ayant atteint ce stade (ceux ayant un réel potentiel de donner lieu à une grossesse) sont biopsiés.
Il est important de souligner que, lors du processus de biopsie embryonnaire, 4 à 5 cellules sont prélevées du trophectoderme, c’est-à-dire de la structure qui formera le placenta. La masse cellulaire interne, qui donnera naissance au bébé, n’est jamais impactée.
Les ovocytes, dès le départ, sont entourés d’une couche protectrice appelée zone pellucide. Cette couche reste autour de l’embryon jusqu’à son implantation dans l’utérus après l’éclosion. Cependant, pour réaliser la biopsie, il est indispensable de pratiquer un petit orifice afin d’accéder aux cellules à l’intérieur.
Cette perforation est appelée Éclosion Assistée ou Assisted Hatching, et peut être réalisée au moment de la biopsie, ou, plus fréquemment, quelques jours avant, afin de permettre à l’embryon de commencer à sortir de sa couche protectrice et ainsi faciliter le processus de biopsie. Cet orifice est généralement réalisé à l’aide d’une technologie laser.
Une fois que le blastocyste est sorti de la zone pellucide, ou du moins en partie, l’embryon est maintenu sous microscope à l’aide d’une pipette, manipulée par l’embryologiste au moyen d’un micromanipulateur. Une fois l’embryon stabilisé, une autre fine pipette, dirigée par un second micromanipulateur, aspire 4 à 5 cellules à l’intérieur du capillaire. Lorsque celles-ci sont à l’intérieur, un pointeur laser est utilisé pour rompre les jonctions intercellulaires, séparant ainsi les cellules de l’embryon.
Une fois les cellules extraites, on procède à la mise en tube (tubbing), c’est-à-dire qu’elles sont conditionnées dans un tube et envoyées à un laboratoire spécialisé pour analyse génétique.
Après la biopsie des embryons et la conservation des cellules destinées à l’analyse génétique, les embryons sont vitrifiés et conservés dans un réservoir d’azote liquide, en attente des résultats de l’analyse afin de sélectionner l’embryon ou les embryons sains et sans anomalies.
L’analyse génétique peut être réalisée à l’aide de différentes techniques qui ont évolué au fil des années.
Actuellement, la méthode la plus utilisée est la réaction en chaîne par polymérase (PCR), combinée au séquençage de nouvelle génération (NGS), ce qui permet de détecter un grand nombre d’anomalies génétiques.
Une fois que le centre de fertilité reçoit les résultats de l’analyse génétique des embryons, ceux qui ne présentent pas d’altérations génétiques sont sélectionnés pour être transférés dans l’utérus de la patiente.
Il peut arriver que tous les embryons biopsiés et analysés présentent une anomalie génétique. Dans ce cas, aucun embryon ne pourrait être transféré. Dans de telles situations, une consultation approfondie est réalisée afin d’évaluer les possibilités d’un nouveau traitement, d’analyser les informations fournies par les résultats, et de considérer d’autres options offrant de meilleures garanties de succès, comme le don d’ovocytes.
C’est pourquoi un diagnostic génétique est essentiel pour déterminer les prochaines étapes. En effet, dans une situation où les embryons auraient été transférés sans analyse génétique préalable, cela aurait pu aboutir à un test de grossesse négatif ou à une fausse couche, sans connaître la cause sous-jacente.
Cependant, il est important de noter que le transfert d’un embryon euploïde, c’est-à-dire génétiquement normal, ne garantit pas une grossesse. D’autres facteurs, tels que la réceptivité de l’endomètre, les facteurs immunologiques ou même anatomiques, peuvent également influencer de manière significative le résultat du traitement.